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Les déplacements dans la région Grenobloise

Participation au forum-débat du Conseil Général du 24 septembre 2010

vendredi 29 octobre 2010, par Roger Barlet

Le 24 septembre, au CRDP de Grenoble, s’est tenu un forum, voulu et organisé par le Conseil Général de l’Isère. Le but de cette réunion : étudier ensemble les différentes solutions envisageables pour une alternative àla rocade nord. J’y ai présenté au nom du Collectif Tram 5 la proposition d’un tram périurbain entre Crolles et Meylan (avec raccordement sur la ligne E)

L’ambiance générale était bonne, en faveur des transports collectifs. Il y avait très peu de projets reprenant sous une autre forme la RN (3 au total) et la grande majorité des propositions étaient en faveur des modes doux, des Transports en commun, voire des axes structurants comme les Transports en site propre ou tram (ades, verts , frapna, notre collectif...). L’ADTC a fait l’intervention finale en faisant un panorama de la situation dans tout le Y Grenoblois avec l’amélioration de l’existant, la modif des comportements pour favoriser les transports en commun face àvoiture et, àmoyen terme, en demandant un axe structurant type tram entre Moirans et Crolles. Du coup nos interventions étaient très complémentaires.
Par contre, le Dauphiné libéré dans sa relation s’est permis de classer six interventions, dont la nôtre, dans "celles qu’on aurait souhaité ne pas entendre". Il a malmené le collectif tram 5 et j’ai vivement protesté. Voir ici la lettre adressée au journaliste concerné :
(Cliquez sur la vignette)

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PRÉSENTATION

Collectif Tram 5 rive droite

Collectif associatif pour la mise en place d’un transport en site propre (TSP) sur la rive droite du Grésivaudan entre Crolles et Meylan, appelé symboliquement Tram 5.
Créé en 2004, en une période ou la troisième ligne de tram grenobloise était programmée et ou se projetait la future ligne E (4ème ligne) nous avions pensé qu’un tram périurbain comme le nôtre pourrait être la 5ème ligne de la grande agglomération.

Le collectif Tram 5 est constitué par la participation de diverses associations communales du Grésivaudan (en partant de Grenoble : Média et Meylan-Avenir àMeylan, Vivre àMontbonnot àMontbonnot , La Maison pour tous àBiviers, Le Groupe Progrès et Solidarité (GPS) àSt-Ismier, Idées àCrolles), ainsi que par la participation intercommunale de l’ADTC-Grésivaudan. Voir ici les dates phares de la création et des activités du collectif Tram 5

Contexte Général

Voilàprès de 6 mois que la commission d’enquête publique a rendu, àl’unanimité de ses membres, un avis défavorable sur la construction de la Rocade Nord (RN) et il est temps d’en tirer les conséquences qui nous concernent, habitants et élus de la rive droite du Grésivaudan.

Citons le principal effet négatif relevé par les commissaires « Aggravation incontestable du trafic sur les VRU et autoroutes d’accès àl’agglo, notamment l’A 480 et l’A 41 » . Nous sommes donc directement concernés dans le Grésivaudan.

Un abandon de la Rocade Nord aurait le mérite de libérer des crédits importants pour permettre de construire un tel TSP et de s’inscrire dans une perspective àlong terme.

L’accès àGrenoble ne serait plus alors synonyme de bouchons, de stress et de pollution mais un nouvel équilibre pourrait être trouvé entre la circulation automobile, quasi exclusive aujourd’hui, et des transports publics performants, rapides et efficaces dont la marge de progression est énorme (rappelons qu’ils se situent aujourd’hui àmoins de 5% des déplacements dans notre vallée).

Le contexte est aujourd’hui nouveau : d’une part création en 2009 de la Communauté de Communes du Pays du Grésivaudan(CCPG) et de l’AOTU (autorité organisatrice de transport urbain) concomitante , d’autre part nouvelles perspectives financières liées àl’abandon possible de la RN dont l’investissement aurait représenté environ 40 km de Tram périurbain). Il nous paraît nécessaire de réagir collectivement et rapidement. La Métro, la CCPG et le Conseil Général sont maintenant en mesure de travailler de façon coordonnée et équilibrée àcet enjeu de déplacement collectif du Grésivaudan vers Grenoble et réciproquement.

Un tel Transport en site propre (TSP) rapide vers Grenoble pourrait d’ailleurs s’envisager au-delàde Crolles (jusqu’au Touvet ?) étant entendu qu’il nous paraît complémentaire d’un transport par train sur la rive gauche et du maintien de transports publics de proximité.

Argumentaire

Les transports dans le Grésivaudan se sont beaucoup détériorés ces dernières années et s’aggravent :
la prise en charge par les bus demeure marginale (cf. les projets de restructuration de la 6020 et de la 6100 par exemple),
en l’absence d’un transport rapide et alternatif àla voiture la durée des trajets automobiles s’accroit et l’engorgement s’accompagne de stress et de pollution,
Le développement économique lié au pôle de Crolles et Bernin devient plus difficile.

On demeure très loin des objectifs du PDU de l’agglomération qui visait àramener la part modale des déplacements voiture de 53 % en 2002 à44 % en 2012 et corrélativement à faire passer la part TC de 14 à19 % (rappelons que malgré les nouvelles lignes de tram grenoblois les chiffres n’ont pratiquement pas bougé et que nous sommes à5 % d’usage des TC dans le Grésivaudan ! ). Il s’agissait aussi de limiter une pollution galopante (cf. la fréquente limitation des vitesses due aux pics d’ozone) et de respecter le PPA de 1996.

Pour la rive droite du Grésivaudan, les légitimités sociales (améliorer le temps et la qualité du transport pour tous), économique (continuer àfavoriser les emplois et àdiminuer le temps des trajets emploi-habitat) et écologique (diminuer les émissions de CO2 et de polluants liés àl’utilisation presque exclusive de la voiture) font d’un futur site propre une alternative incontournable qui ne peut être renvoyé aux calendes...

Bien sà»r il faudra modifier les habitudes des habitants d’un tissu urbain très diffus ou le poids de la voiture est énorme . Les exemples grenoblois de fréquentation des TSP, souvent au delàde ce qui était espéré, montrent bien que le site propre est une vraie alternative mais il faudra aussi un maillage de parking relais judicieusement placés.

Une densité périurbaine insuffisante ?

Le problème actuel d’un tram périurbain est de drainer un tissu habité àdensité suffisante. Une étude de TTK commandée par le CG, le SMTC et le Grésivaudan pour un transport collectif structurant concluait en octobre 2005
que les tracés ex RN 90 ou ZIRST
étaient assez équivalents avec une part de marché TC de 11 % (ce qui est très inférieurs aux chiffres grenoblois) qui conduisait àenviron 15 000 déplacements journaliers pour une population un peu supérieure à30 000 h qui ne comporte pas Meylan et qui avec cette commune passerait àprès de 48 000 h et àprès de 25 000 voyageurs / jour . On est effectivement loin des 80 000 voyageurs / jour de la ligne A grenobloise qui s’autofinance et des 35 000 voyageurs / jour qui sont habituellement retenus comme seuil de viabilité d’une ligne de tram.

Deux observations :
1) la part de marché TC de 11 % dans cette étude est assez modeste et prend peu en compte une dynamique de changement des comportements apportés par un TSP pratique et efficace.

2) La croissance démographique annuelle du Grésivaudan est dynamique (2% l’an) et supérieure àcelle du Voironnais (1,1 %) et surtout de la Métro (0,2 %). L’urbanisation de Montbonnot et de St Ismier en dessous du CD 1090 rend d’autant plus attractif un tracé qui joindrait Innovallée et le pôle microélectronique Bernin-Crolles et qui prendrait en compte ces deux zones d’activité rapprochant aujourd’hui la zone desservie de 50 000 à55 000 habitants.

Bien entendu pour drainer un tissu périurbain diffus il faudra prévoir des parking relais en nombre suffisant. On connaît leur efficacité lorsque leur situation est judicieuse et commode.

Un financement difficile ?

Il n’empêche, tout financement d’un site propre est difficile et la volonté de faire face aux enjeux sera déterminante.

Quelques pistes :

On peut espérer qu’un éventuel Grenelle III ? de l’environnement redonnerait, après 2012, une part de financement d’état aux TSP vu les enjeux de la lutte contre le réchauffement climatique (rappelons que la France ne rejette pas moins de CO2 en 2007 qu’en 1990 – 7 tonnes par habitant– et qu’elle s’est engagée àréduire sa production de 20 % d’ici à2020 et àla diviser par quatre d’ici à2050 !)

On peut mettre en place des sites propres moins coà»teux : Nantes a popularisé le « Busway » deux fois moins lourd en investissement avec un seuil de gestion de 25 000 passagers / jour.

On parle beaucoup du transport par câble et une expérimentation est prévue entre la Carronnerie et l’arrêt tram Gabriel Fauré sur le campus. On annonce un investissement quatre fois moins lourd que pour le tram classique !

Les communes concernées sur le Grésivaudan paraissent, d’après nos premiers contacts, prêtes àfinancer les parking relais nécessaires àune utilisation suffisante des TSP.

Une volonté politique indispensable

Prévoir l’avenir et y faire face c’est la responsabilité première des décideurs politiques. Les problèmes de financement au jour le jour deviennent de plus en plus difficiles mais anticiper sur les problèmes de demain et modifier le cours des choses contre les pesanteurs quotidiennes c’est toute la noblesse des choix politiques.

Les choix en matière de transport collectif efficace ne peuvent plus se limiter aux villes mais doivent diffuser sur le périurbain parce que c’est dans ce secteur qu’ il y a le plus de comportements àchanger et que l’action peut être pleinement efficace.

On ne peut plus éviter cet enjeu du futur : un site propre de rabattement des transports du Grésivaudan sur Grenoble est légitime et urgent.
La nouvelle donne après un abandon de la Rocade Nord appelle une action déterminée dans ce domaine. Nous gardons espoir dans la pertinence de nos décideurs et leur capacité prospective.