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Le tram 5. Y croire encore et toujours

dimanche 13 décembre 2009, par Roger Barlet

L’enquête publique sur la Rocade Nord est terminée depuis le 1er décembre. Elle a connu un succès exceptionnel et les avis exprimés étaient majoritairement hostiles àce contournement autoroutier de Grenoble. Il reste maintenant 6 mois aux commissaires enquêteurs pour donner leur avis. Et que devient notre projet de tram 5 rive droite face àcette échéance ?

Dans notre invitation àparticiper àcette enquête nous vous disions que le coà»t de la Rocade nord, proche de 750 millions d’euros mais dont beaucoup pensent qu’il est sous-estimé, risquait de ruiner la capacité financière des Collectivités Locales àprendre en charge une progression des Transports en Commun pourtant présentée comme une nécessité. Un tel tarissement prévisible des ressources financières locales pour les Transport en commun sera en effet grave de conséquences pour la capacité àrésorber les bouchons grenoblois, àréduire la circulation automobile (responsable de 15 % de la production de CO2) et aussi àlimiter àla fois la pollution climatique, la pollution chimique par les imbrà»lés et les NOx , et les risques pour la santé.

Nous argumentions également en précisant qu’un axe structurant comme le tram 5 nous paraîssait plus urgent qu’une rocade nord qui ne se fonde pas sur une demande de transport Grésivaudan-Voironnais. Le bouclage de l’agglo par une RN sous la Bastille, ne nous paraissait avoir de sens que si la proportion des trajets Crolles-Voiron et retour était significative dans la proportion des trajets urbains et péri-urbains. Or, diverses études semblent indiquer qu’elle représente nettement moins de 10 % et si l’on examine le Bus direct Trans isère Crolles-Voiron il n’y a que 3 % des voyageurs qui font le trajet complet alors que 97 % s’en servent comme pénétrante rapide dans Grenoble àpartir de Crolles ou de Voiron ce qui justifie d’ailleurs la future ligne E du Tram comme notre projet de Tram 5 sur la rive droite du Grésivaudan.

Dans ces conditions on peut être inquiets et craindre que la Rocade Nord si elle se fait n’évince définitivement le tram 5 rive droite. Pourtant il nous semble que rien n’est joué :
– Le triplement de l’autoroute A480, qui doit s’articuler avec l’arrivée de la RN entre St Martin le Vinoux et St Egrève n’est pas àl’ordre du jour actuellement du côté de l’état ;
– Le Conseil Général doit assumer seul la dépense de la RN puisque la Métro et Grenoble se retirent et vu l’accroissement actuel de ses charges, en particulier sociales (RSA, Personnes Agées, etc…), il aura beaucoup de mal àfaire face ;
– Les commissaires enquêteurs ne peuvent qu’être ébranlés par les arguments des opposants, majoritaires dans l’enquête publique (surcoà»t du projet, problèmes géologiques, priorité nécessaire des Transports Collectifs telle qu’affirmée par le PDU, opposition totale des communes de la Tronche et St Martin le Vinoux, opposition de Meylan au projet actuel, problèmes de pollution etc..) ;
– La Rocade Nord n’est pas vraiment dans l’esprit du sommet de Copenhague, la pression écologique de l’opinion ne va pas dans le sens de tels équipements.

Dans ces conditions il est plausible d’imaginer un abandon du projet, dans ce contexte nouveau, qui pourrait prendre les formes suivantes :
– Avis négatif des commissaires enquêteurs, mi-2010, àl’utilité publique ;
– Retrait du Conseil Général devant cette situation et ses difficultés financières, fin 2010, un peu avant les élections pour son renouvellement partiel au printemps 2011 ;
– Renoncement des acteurs économiques devant les nécessités du Grenelle de l’Environnement.

À ce moment là, pour la rive droite du Grésivaudan, les légitimités, sociale (améliorer le temps et la qualité du transport pour tous), économique (continuer àfavoriser les emplois et àdiminuer le temps des trajets emplois-habitat) et écologique (diminuer les émissions de CO2 et de polluants liés àl’utilisation presque exclusive de la voiture) feraient du futur Tram 5 une alternative incontournable qui ne serait pas renvoyée aux calendes et qui nécessiterait évidemment l’engagement financier de la Communauté de Communes des Pays du Grésivaudan (CCPG)……….

Dans la pire hypothèse si ce scénario ne se produisait malheureusement pas, le Collectif tram 5 redoublerait d’efforts pour imposer cette vraie solution au long terme qui concernerait avant tout le CCPG mais qui nécessiterait aussi le volontarisme de la Métro. En effet, le grand Grenoble, même en cas de RN avec toutes les incertitudes sur la redistribution de la circulation, ne pourrait négliger le tram périurbain vers le Grésivaudan d’autant plus qu’il constituerait une des vraies alternatives àla saturation automobile dans la ville centre.

Roger BARLET