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31 mars 2009

Les déchets verts, comment les réduire, comment les traiter

Jardin écologique - compostage

jeudi 16 avril 2009

Compte rendu de la soirée/débat qui s’est tenue le 31 mars 2009 au lycée horticole de Saint-Ismier, Avec deux intervenants : Jean Roinat, professeur au lycée horticole et membre du GPS et Jean Paul Chollet, président de l’association IDÉES de Crolles.

Il y avait une quarantaine de personnes dans l’amphithéâtre du Lycée horticole, dont des élus de Saint-Ismier, Biviers, Saint-Nazaire et Bernin.

A) Présentation de Jean Roinat : Comment réduire les déchets verts

Nous vivons dans un secteur privilégié hérité de nos ancêtres.
Essayons de transmettre ànotre tour une portion de territoire aussi belle et propre que possible.
Nous avons tous un rôle àjouer àtravers nos habitations et notre mode de vie.
Nous allons prendre des exemples simples comme nos déchets pour illustrer des actions de notre responsabilité :
Comme pour tout problème de déchets, la vraie et meilleure solution est d’en diminuer la quantité àla source.

1/- déchets ménagers
La plupart des déchets de cuisine vont servir àfabriquer un compost qui permettra d’améliorer la qualité de la terre du potager ou des plantes florales extérieures ou intérieures.
Il est même possible d’avoir des composteurs d’appartement pour les personnes ne possédant pas de jardin. Cela permet de beaucoup moins remplir les poubelles.

2/- déchets du jardin ou de la terrasse
Les deux sources principales de déchets sont :
- Les végétaux ligneux
- Les gazons

Les végétaux ligneux
Le besoin d’intimité entraîne l’implantation de haies en périphérie de nos jardins.
La faible surface de nos jardins, le manque de connaissance des végétaux fait que l’on utilise des espèces inadaptées et souvent plantées trop densément.

Ces haies, outre les problèmes de gestion qu’elles entraînent, sont souvent inadaptées au caractère du paysage local. Elles constituent des murs plus ou moins verts, qui conservent le même aspect banal tout au long des saisons.
Leur croissance rapide, très appréciée dans un premier temps devient vite une contrainte majeure au niveau de l’entretien du jardin. 250 mètres de haie de laurier « adulte  » nous fabrique chaque année quelques remorques de déchets « verts  »
Au lieu de cela, Il est possible d’utiliser des plantes plus adaptées pour créer des haies monovariétales.
Pourquoi ne pas planter des haies avec un mélange d’arbustes caducs et persistants qui peut procurer une intimité lorsque l’on en éprouve le besoin (période estivale) tout en évoluant au cours des saisons par la présence ou non de feuillage, par les floraisons et fructifications.
Ces haies sont bien plus décoratives. Elles sont composées d’environ 1/3 de persistants et 2/3 de caducs décoratifs par leurs branches, leurs feuillages, leurs floraison et leur fructification.
Il est conseillé de regrouper les espèces par taches et de créer des rappels.

Elles sont bien plus faciles àentretenir :

-  Il n’est pas nécessaire (ni opportun) de les tailler au cordeau

-  Il suffit de les tailler les arbustes, si nécessaire, après leur floraison.
La quantité de déchet est bien inférieure àcelle « fabriquée  » par des haies comme les haies de lauriers ou de cyprès.

-  Elles sont moins sensibles aux attaques des parasites et maladies
car elles sont équilibrées au niveau écologique
Les déchets, surtout des végétaux àfeuillage caducs, peuvent être réutilisés dans le jardin.

Les gazons

Il est très difficile vu nos sols et climat de maintenir un gazon àl’anglaise
Ces gazons imposent des apports d’eau, d’engrais considérables.
Tachons de diminuer nos apports d’engrais.
Si nous en utilisons, choisissons des engrais àaction lente moins polluant.
Il est possible, de se servir des déchets de tonte pour pailler les massifs.
Une autre solution consiste àgérer des surfaces engazonnées avec une autre optique :
Un gazon rustique que l’on accepte de voir évoluer au cours des saisons.
Est-ce un problème qu’il jaunisse quelques semaines en hiver ou en plein été ?

Ce type de gazon s’entretient avec une tondeuse « meulcheuse  » qui pulvérise les brins tondus qui sont laissés sur place enrichissant ainsi naturellement le sol.

N’essayons pas de lutter contre la nature, jouons avec elle :

Acceptons de réaliser des jardins adaptés àcette belle nature, nous aurons un résultat bien plus harmonieux, bien plus agréable àvivre… en nous fatiguant moins et… en polluant moins !

B) Présentation de Jean Paul Chollet : Les Déchets Vert Comment les traiter…

I ) Quelques chiffres au niveau européen : la moyenne des déchets traités par les municipalités dans les 27 pays de l’Union européenne se stabilise autour de 522 kilos par personne. La France est proche de la moyenne avec 541 kilos par habitant en 2007. 36% sont incinérés, 34% sont mis en décharge, 16% sont recyclés et 14% sont compostés.

Nos poubelles contiennent en moyenne 29% de matières biodégradables.

II )Les possibilités de valorisation de ces déchets :
• taille des haies : broyage en copeaux pour paillage pour diminuer les apports d’eau et les mauvaises herbes, ou utilisation dans le compost pour l’amélioration de la qualité de la terre.
(attention, le brà»lage àbasse température crée beaucoup de pollution.
• Produit de la tonte des gazons : compostage
• Produit des reliefs des repas : compostage.

Le compostage des reliefs de repas pourrait avoir un impact financier important, avec très peu d’investissement. Exemple : pour une commune de la taille de Crolles (8000 habitants) l’économie serait de 200 000 € par an.

Le Compostage est simple, mais demande un gros effort de pédagogie.
Les trois règles d’or sont :
MÉLANGER, AÉRER, HUMIDIFIER

Il peut se faire en composteurs individuels dans lequel on verse, au fur et àmesure les déchets (épluchures, reste de repas, tontes de gazons... ) Quelques mois après, sans odeur et sans travail, on obtient un excellent compost, capable d’améliorer la terre des jardins.

Dans le cas d’habitations regroupées, il est possible d’avoir un seul composteur en commun, dans lequel on dépose les déchets dans des sacs bio dégradables.

Attention, l’incinération des déchets ménager provoque beaucoup de pollution.

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C) Débat et échanges entre les participants
Un échange intéressant a lieu avec les élus des quatre municipalités représentées.
Le SIRTOM qui regroupe les trois communes de Biviers, St-Ismier et Montbonnot, travaille actuellement sur la mise en place d’un service de location de broyeurs et sur la possibilité de mise en service de composteurs individuels.
Certains déplorent le bruit des broyeurs, qui vient s’ajouter àcelui des tondeuses. C’est pourtant une bonne façon de traiter les branchages et obtenant un broyat qui peut servir dans le compost, ou au pied des arbres.
Après avoir vu ce qui est fait dans les différentes communes, il est rappelé que, àterme ce sera pris en charge par la nouvelle communauté de communes du Grésivaudan.
Exemple de ce qui est fait dans une petite ville d’Allemagne, jumelée avec St Nazaire les Eymes : deux fois par an, il y a un ramassage des déchets verts. Ils sont compostés par la municipalité et les habitants vont chercher le compost suivant leurs besoins.
Certains participants regrette qu’on interdise désormais les feux dans les jardins. Mais il faut savoir que ces feux de jardins entraînent une pollution importante. Dans certains pays, on exige même des filtres aux cheminées àbois pour éviter la production de particules toxiques
Ces problèmes sont au cÅ“ur des préoccupations actuelles. Par exemple, une conférence prévue àBiviers dans le cadre de la semaine du développement durable a pour titre : « Impacts des feux domestiques, agricoles et de broussailles sur la santé et l’environnement  ».
Toutes les communes sont confrontées àde grandes difficultés pour traiter l’ensemble des déchets verts, y compris des restes de tontes de gazons. Pourtant il vaudrait mieux laisser ces produits des tontes sur les terrains.

Les échanges entre les participants ont été très vivants et ne peuvent être restitués dans les détails. Et tout le monde a souhaité que d’autres soirées débats du même type puissent être organisées