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Du quartier à la communauté de communes, l’exemple de Kingersheim

mardi 20 septembre 2011, par Pascal Dubois

Les bases de la démocratie participative

La commune de Kingersheim compte 13 000 habitants. Elle fait partie de l’agglomération mulhousienne. Depuis 10 ans il s’y développe une intéressante expérience de démocratie participative. Le site Internet de la commune comporte une rubrique « Citoyen » qui commence par ces mots :
Une ville est une communauté. Et sa bonne marche dépend bien sûr de toute une équipe, mais aussi de l’implication que les habitants veulent bien y mettre. S’intéresser aux décisions qui sont prises et qui concernent la collectivité tout entière, c’est exercer, au quotidien, ses droits et ses devoirs de citoyen. Connaître ses élus, bien comprendre comment marche la mairie, suivre l’avancement des projets et s’informer régulièrement sur la vie de la cité, telles sont les propositions faites ici à celui qui aborde ce site en citoyen.

Un magazine, intitulé « Etats-généraux permanents de la démocratie », présente la démarche suivie : informer, écouter, dialoguer, participer et s’impliquer. Le maire, Jo Spiegel, y écrit :
Car au fond, l’utopie qui nous anime à Kingersheim, c’est la construction d’une démocratie de fraternité. Ainsi donc, il s’agira pour nous d’explorer tout ce qui sera susceptible d’améliorer encore l’information, l’écoute, le dialogue et la concertation. Ce faisant, nous essaierons ensemble de porter un nouveau regard sur ce qui nous réunit : l’espace public, le bien commun, l’intérêt général.
Il s’agira aussi de privilégier toutes les initiatives qui accroîtront la délibération et la participation. Ce faisant, par l’implication personnelle ou collective, nous travaillerons à refonder un esprit de responsabilité et de solidarité.
Tous ces objectifs ont ceci en commun qu’ils ne se décrètent pas. Ni par une loi qui viendrait d’en haut, ni par des considérations démagogiques qui viendraient de nulle part. Nous les construirons en agissant côte-à-côte plus que face-à-face.

Soyons animés par ces principes et rappelons les inlassablement à nos élus et à nos concitoyens.

Tout commence dans les quartiers

Comment intéresser les habitants à la vie de la commune ? En premier lieu, en engageant un dialogue avec eux sur les problèmes qu’ils peuvent rencontrer dans leur environnement proche. Les élus doivent inciter à la création d’associations de quartier et les remotiver chaque fois que nécessaire, en organisant régulièrement des réunions ou des consultations.

Au-delà du traitement de questions individuelles ou limitées au quartier, l’intérêt de telles rencontres est de pouvoir inciter les habitants à une réflexion plus globale et collective sur les questions intéressant l’ensemble de la commune... c’est à dire à jouer leur rôle de citoyens.

Le citoyen sera intéressé à dialoguer avec ses élus s’il constate que les informations qui lui sont données ont le souci de la réalité des faits et de la transparence, si les raisons des choix sont expliquées.

A Saint-Ismier une timide concertation a été engagée avec l’organisation de réunions de quartiers dans le cadre de la révision du PLU. C’est un début de dialogue qu’il convient de saluer, mais nous demandons qu’il soit pérennisé et étendu à d’autres sujets.

L’échelon communal

Dans l’organisation territoriale actuelle, nos communes (Biviers, Saint-Ismier) conservent leur compétence dans de nombreux domaines : urbanisme, voirie, écoles, équipements... L’échelon communal est donc crucial pour le développement de la démocratie participative.

Au-delà des réunions de quartier, il faut organiser des réunions publiques au niveau de la commune sur tous les sujets importants (par exemple, chaque année une réunion pour présenter le budget et expliquer les choix qui sont faits), voire créer des commissions de suivi pour certains projets, associant habitants, usagers et riverains. Une telle commission va être créée à Biviers pour suivre l’établissement du PLU.

A Saint-Ismier le diagnostic établi pour la révision du PLU a fait l’objet d’une rapide présentation lors d’une réunion publique. Pourquoi ne pas aller au-delà de ce que demande la loi et saisir une telle occasion pour engager un véritable débat de fond avec les habitants sur des questions telles que les conséquences du vieillissement de la commune, l’impact de la hausse de l’immobilier, etc...

L’échelon intercommunal

Le citoyen qui s’intéresse à la vie communale comprend vite qu’il lui faut aussi s’intéresser à l’échelon supérieur, non seulement parce que de nombreuses questions ne peuvent trouver une réponse qu’au niveau intercommunal, mais aussi parce qu’on ne peut rester insensible à ce qui se passe en dehors de notre pré carré, si l’on se sent un tant soit peu solidaire des problèmes de l’agglomération dans laquelle nous vivons.

Il faut rendre plus accessible aux habitants les questions relevant de l’échelon intercommunal _ pour ce qui nous concerne, au premier chef la communauté de communes Le Grésivaudan. Il est nécessaire que les communes contribuent fortement à cette action, pour montrer l’importance qu’elles attachent à la coopération intercommunale. Des questions comme celles du SCoT (Schéma de Cohérence Territoriale) ou du PLH (Programme Local de l’Habitat) devraient faire l’objet de débats publics dans chacune des communes.

Implication citoyenne

Si les élus veulent bien la faciliter, la participation citoyenne à la vie de nos communes se développera, au bénéfice de tous. Au-delà de la participation, il y a l’implication. En guise de conclusion, nous empruntons les phrases suivantes au magazine de la commune de Kingersheim cité plus haut :
S’impliquer, c’est entrer dans des structures qui créent le lien social, c’est avoir la volonté de faire avec d’autres, dans le cadre d’un engagement plus contraignant qui prend du temps et de l’énergie, mais qui récompense avec certitude ceux qui l’ont choisi. L’on peut s’impliquer collectivement dans les associations, mais aussi individuellement dans la mise en oeuvre complète d’un projet civique que l’on a souhaité et qui change le quotidien.

« Dès qu’un homme trouve un sens universel
à son action, fût-elle humble ou quotidienne,
il découvre en lui un citoyen »

Mendès-France